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Note #33 - Le retour et le calme

14 oct.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 oct.


Lyra debout devant la table de son loft, une tasse fumante et un mot plié signé Bjorn posés devant elle, Pixel en vol près de la fenêtre pluvieuse, Neva allongée sur le canapé et Frost dressé à côté
Le lendemain du retour. Et le loft qui sent exactement pareil.

📍 Havenport - Loft du Quartier British - Lundi 23 mars 2048, le lendemain du retour.


Lundi 23 mars 2048.

Le loft sent exactement pareil.


C'est la première chose que j'ai remarquée en me levant.

Le bois, la cire, le fond de café de la semaine dernière que personne n'a vidé.

Tout est à sa place, à la virgule près.

Je crois que je m'attendais à ce que quelque chose ait bougé.


J'ai rangé ma valise.

Tout le reste aussi.

Ça m'a pris la matinée, et c'est très bien comme ça.


Neva est venue me renifler. Longtemps.

Pas le petit coup de truffe poli des retours de courses, non, un examen complet, méthodique, qui a duré assez pour que je commence à me sentir inspectée.


Elle a fini par s'asseoir, et elle m'a regardée comme on regarde un livre dont la couverture a changé d'édition.


Frost, lui, s'est frotté sur le bord de ma valise en regardant la peluche crocodile que j'avais posée sur la pile de babioles et souvenirs de la Nouvelle-Orléans.


Ce qui est banal, sauf qu'il l'a fait avec une solennité que je ne lui connaissais pas. Lentement. Puis en me fixant. Comme s'il signait un document.


Pixel a affiché, sans que je lui demande rien :


« Bienvenue. 7 jours d'absence. 4 carnets consultés. »

Je n'ai pas demandé lesquels.


Sur la table, une tasse m'attendait. Ortie, citron, miel. Encore tiède. Avec un petit papier plié en deux, signé de mon père, Bjorn...


« Il y en a d’autres dans le placard. »

Je l'ai bue debout.


Et je me suis aperçue que mon érable japonais était vert alors qu'avant mon départ il était orange.


Je me suis assise par terre, dos au mur, et Neva est venue s'allonger contre ma jambe, de tout son poids, comme on pose une main sur quelqu'un. Je pense que mon père a dû passer tôt ce matin pour me déposer une de ses tisanes... J'ai dû lui manquer et là, en regardant mon loft, dans le calme du matin. Ils m'ont tous manqué...


J'ai pris une douche, mis des vêtements qui traînaient sur l'étagère du haut. Vu que j'avais mis une lessive en route, je n'avais plus grand-chose à me mettre. Pris mon café que Pixel avait lancé, et checké une partie de mes mails...


Ma petite sphère d'amour avait tout classé par ordre de priorité. J'avais un plat dans le frigo, avec une petite note, encore, de ma voisine Caroline. Elle a pensé à tout pour mon retour.


Un bon déjeuner avec Frost et Neva, collés dans le canapé devant une série policière en replay, cela fait du bien d'être à la maison.


En début d'après-midi, j'avais prévu de descendre directement porter les photos à développer. Les vraies, sur papier. Mais j'ai changé d'avis, j'avais trop envie de voir Texounet avant... Donc direction le quartier des Artistes.


Lyra, un café à la main, accoudée au comptoir d’une friperie vintage pendant que Théo, cheveux rouges et veste de cuir, déballe une caisse de vêtements
« Second Skin » · Théo Quinn, alias Tex.

Je me suis retrouvée devant le Second Skin, il y avait du monde dans la boutique. Théo m'a fait un signe de la main avec un enthousiasme non dissimulé...


Et me voilà avec un café, debout au comptoir, pendant qu'il déballait ses caisses. Il ne m'a pas demandé comment c'était là-bas. Il m'a demandé si j'avais mangé. Je crois que c'est sa version de la même question. Et il a toisé ma tenue, m'a poussée dans une cabine et a déposé une pile de fringues sur le tabouret.


« Ce n'est pas possible, à peine de retour et tu mets un vieux survêt miteux. Demain on va prendre un petit café au Phare. Le beau gosse qui tient le comptoir a demandé de tes nouvelles, ma belle... La chance ! »

Puis le détour par la Maison de la presse, à LionStreet, avant de rentrer au loft. Le monsieur derrière le comptoir a compté les pellicules deux fois, les a rangées dans une pochette kraft, et m'a dit de repasser dans la semaine.


Sept jours entre les mains de quelqu'un d'autre. Ça fait un drôle d'effet, de laisser une semaine entière dans une pochette kraft.


En rentrant dans l'immeuble, il y a quelque chose qui a changé, et je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Déjà, je me suis dit, il faudrait que tu passes voir Caroline, Marco et Leila. Mais, aujourd'hui, je n'avais pas envie de parler, juste me poser.


Ce n'est pas un souvenir. Ce n'est pas une idée que je ramènerais de là-bas. C'est plus bête que ça, et plus dérangeant : je ne perçois plus les pièces de la même façon. Je sens où s'arrêtent les murs. Je sais, sans regarder, que la fenêtre du fond est restée entrouverte. L'espace a pris une épaisseur qu'il n'avait pas.


Je mets ça sur le compte du voyage. Sept jours, deux fuseaux, trop peu de sommeil. Ça passera.


Sur la table de travail, mon carnet attend. Un neuf, celui que j'avais mis de côté avant de partir, encore vierge. Je vais devoir attendre un peu pour le commencer. Je passerai à la boutique de Maeva, une des sœurs adoptives de Théo : elle a sûrement plein d'accessoires créatifs pour embellir mon nouveau carnet.


Je l'ai regardé un long moment.


Et mes mains se sont mises à picoter.


Signature de Lyra

Visuel généré avec IA + retouches Canva. - Texte corrigé avec IA, relu et validé par moi.

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