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Note #28 - L'Arrivée





« Zara accueille Lyra, valise à la main, dans la chaleur épaisse de la Nouvelle-Orléans. »
« Zara accueille Lyra, valise à la main, dans la chaleur épaisse de la Nouvelle-Orléans. »
📍 Nouvelle-Orléans - Printemps 2048

Je note vite, par bouts, sur mon téléphone, dès que personne ne regarde. Ici, je n'aurai pas le temps de m'asseoir pour écrire vraiment. Alors ce seront des éclats. Je recollerai plus tard, peut-être. Je détaillerai tout ça dans mon nouveau carnet de voyage, et en rentrant je ferai un album scrapbook avec les photos prises pendant mon séjour.


Le décalage, ce n'est pas l'heure. C'est le corps qui débarque avant l'esprit. J'ai posé le pied à la Nouvelle-Orléans à midi, et quelque chose en moi croyait encore qu'il faisait nuit à Havenport. L'air m'a sauté dessus dès la sortie de l'aéroport, épais, chaud, sucré, un air qui te colle à la peau et te dit que tu n'es plus chez toi.


Le plus étrange, ce n'est pas la ville. C'est mes poches vides. Pas de Pixel qui commente la luminosité ambiante. Pas de Frost roulé au fond de mon sac. Pas de Neva qui ouvre la marche et trie les gens d'un regard. Je les ai laissés chez la voisine, je le savais, et ça m'a quand même cueillie au moment de chercher une présence à mes côtés et de ne trouver que mon propre bras. On ne mesure le poids d'une ombre que le jour où elle ne vous suit plus.


Zara m'attendait. Je la voyais plus grande dans mes souvenirs ; je n'étais pas très observatrice à l'époque. Elle a les gestes de Basira, et le rire aussi, sauf que Basira le garde pour elle. Elle m'a serrée comme si elle me connaissait, et c'est vrai, elle me connaît, même si je ne saurais pas dire depuis quand.


La dernière fois que j'étais venue ici, j'étais une autre. Plus jeune, plus naïve, je m'étais fait tatouer pour la première fois sans très bien comprendre où je mettais les pieds. Je me souviens de l'odeur de l'encre, des néons roses sur la peau, de la chaleur humide qui ne lâche jamais. Mon poignet s'en souvient encore quand je regarde la ligne qui y court.


J'ai voulu parler de Dalia. Juste son nom, glissé dans une phrase. Zara n'a pas répondu, et elle a parlé d'autre chose, vite, doucement, comme on referme un tiroir avant que quelqu'un ne voie ce qu'il y a dedans. Je connais ce geste. Je vis avec, à l'envers, depuis toujours.

Je crois que je ne suis pas venue ici pour des vacances. Je crois que je suis venue pour quelque chose que personne ne veut encore nommer.


... la suite sur ma prochaine note !

Signature de Lyra

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