Note #31 - Le Rituel d'Evangeline
- Lyra Embercroft

- 6 août
- 2 min de lecture

📍 Nouvelle-Orléans - A l'aube du cinquième jour...
Vendredi déjà, l'aube est là, j'ai les doigts encore tachés de quelque chose de rouge qui n'est pas du sang. Je crois.
Evangeline a ouvert son rituel hier soir, au moment où l'équinoxe traversait La Nouvelle-Orléans. J'ai compris seulement alors pourquoi Zara avait préparé la robe bleue avant l'aube et pourquoi elle m'avait conduite jusqu'au petit lac clair.
Les flamants roses, l'eau immobile et cette tenue choisie sans moi n'étaient pas une promenade. C'étaient les premières étapes d'un seuil que tout le monde semblait connaître avant moi.
À la tombée du jour, après le pique-nique en famille, nous avons rejoint le sanctuaire derrière la maison, là où le jardin cesse d'être un jardin et devient autre chose. Des bougies par dizaines. Des bouteilles accrochées aux arbres qui tintaient sans vent.
Baron, son familier, perché quelque part dans le noir, qui ponctuait les silences. Evangeline ne ressemblait plus tout à fait à la femme qui m'avait servi du café le matin.
Elle était plus grande. Plus ancienne. La magie vaudou ne ressemble à rien de ce que je connais. Ce n'est pas la mienne, ce n'est pas celle de Basira, ce n'est pas celle de Bjorn. Elle ne demande pas. Elle invite, et ce qui vient répond.
Je n'étais pas censée participer. Juste regarder. Mais à un moment, la chose en moi, la louve, l'autre, celle que je maîtrise à peine et puis je sens la kisune, pas du tout en phase à ce jour, ont remué.
Comme si mes créatures reconnaissaient quelque chose. Comme si cet appel, dans une langue qu'elles comprenaient mieux que moi, devenait vital. J'ai dû planter mes ongles dans mes paumes pour rester de ce côté-ci.
Evangeline l'a vu. Bien sûr qu'elle l'a vu. Elle n'a rien dit sur le moment. Plus tard, en éteignant les bougies une à une, elle a juste murmuré que certaines portes s'ouvrent dans les deux sens, et qu'il faudrait que j'apprenne à savoir laquelle je tiens.
Je n'ai pas dormi. J'écris ça pendant que la maison ronfle. Je repense aux deux flammes de Célestine.
Je commence à me demander si tout le monde ici voit en moi la même chose, et si je suis la seule à ne pas encore savoir ce que c'est.
On rentre bientôt à Havenport... Je parle déjà comme si mes créatures étaient avec moi... Une partie de moi a hâte.
Une autre a peur de ce que je ramène sans le vouloir.
... la suite sur ma prochaine note !




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