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Note #30 bis - L'encre savait avant moi

Dernière mise à jour : 6 août





« Zara accueille Lyra, valise à la main, dans la chaleur épaisse de la Nouvelle-Orléans. »
Lyra avec sa robe bleu, ses santiags et sa ceinture Cow Girl...

📍 Nouvelle-Orléans - Le matin du Quatrième jour...


Ce matin, tante Zara m'a levée avant que le soleil se lève. Vous allez me demander pourquoi, je ne l'ai su qu'après... une robe bleue, une paire de santiags et une ceinture à la Cow-Girl, vêtements qui ont été sûrement déposés sur la chaise quand je devais dormir, m'attendaient.


Encore un mystère et je peux vous dire que moi en robe c'est à marquer d'une croix rouge. J'ai dû prendre une douche vite fait, m'habiller et descendre rapidement les marches pour aller dans la cuisine, où un mug de chicorée était posé sur la table à côté de Baron. Il surveillait mon croissant encore fumant.


Je le soupçonne de surveiller mes faits et gestes dans cette maison. Zara m'a fait sursauter, et j'ai bien failli renverser la chicorée chaude sur ma nouvelle robe... Je crois qu'elle était pressée ou excitée, je ne saurais pas dire. J'ai bu d'un trait, limite brûler le gosier, j'ai pris le croissant et je lui ai emboîté le pas... Juste senti Nyx me frôler le visage en passant et atterrir sur l'épaule de Zara.


Je n'ai pas osé lui demander où on allait... Elle m'a pris la main et on se dirigea vers le jardin par delà les rosiers bien taillés, nous nous sommes enfoncés dans le bayou. Et après quelques pas sur un chemin de terre, nous voilà au bord d'un petit lac, pas boueux, l'eau était limpide, avec des flamants roses qui faisaient leur toilette.


Le soleil commença à se lever, ses rayons effleuraient l'eau et la faisaient scintiller. C'était magique. Il y avait un tronçon d'un vieux saule pleureur qui devait avoir été déraciné il y a fort longtemps à la vue de la végétation qui le recouvrait. Zara me fit asseoir à côté d'elle et nous sommes restées, là silencieuses à regarder ce paysage comme une séance de film animalier.


Au bout d'une bonne demi-heure, elle se leva et me reprit la main en me regardant. Juste en me soufflant, « J'ai l'impression d'être un peu avec ma sœur, avec toi. ».


J'ai vu ses yeux s'embrumer... Cela m'a touchée et m'a fait du bien. En reprenant le chemin inverse, Zara me dit qu'on allait au salon de tatouage pour m'en faire un nouveau, pour marquer ma seconde venue à la Nouvelle-Orléans.


Zara se gara dans l'allée transversale, ouvrit le salon et commença à tout préparer. Elle me fila un album, j'ai compris qu'il fallait que je fasse mon choix par moi-même. Je pensais que le plus difficile serait de choisir le dessin.


Zara avait préparé le fauteuil près de la fenêtre, là où la lumière du quartier ancien glissait encore entre les reflets des Terrasses. J'ai posé mon bras devant elle avec cette confiance particulière que l'on réserve aux personnes capables de lire les silences sans les forcer.


J'avais choisi un croissant irrégulier, traversé par deux lignes et prolongé par une racine fine. Zara en a corrigé l'équilibre avant de commencer.


Elle m'a expliqué qu'elle avait ajouté quelque chose de discret, une protection qui ne déciderait jamais à ma place.


Et puis Hiro et Yuto sont passés pendant la séance. Hiro a observé le motif sous plusieurs angles, persuadé qu'il changeait légèrement avec la lumière.


Yuto s'est figé une seconde lorsque l'aiguille a fait perler mon sang, puis il a repris le contrôle avec une volonté qui m'a touchée.


Quand Zara a terminé, l'encre a brièvement chauffé sous ma peau. Pas assez pour me faire peur. Juste assez pour me rappeler les deux flammes de Célestine.


Me voilà avec un nouveau signe sur ma peau, des souvenirs avec ma tante et un beau moment avec mes cousins.


Je suis repartie avec un pansement sur le bras, mes cousins à mes côtés et l'impression étrange que le dessin connaissait déjà une partie de moi que je n'avais pas encore rencontrée.


Hiro me prit le bras et Yuto, la taille. Tout en me disant, « Allez cousine, on va te montrer avec nos yeux la ville »... J'ai souri et je me suis laissée porter par cette jeunesse, je commençais vraiment à m'attacher à cette petite famille pas comme les autres.


Voilà, je vous raconterai ma petite journée avec mes cousins à mon retour avec des photos à l'appui.


Je termine ma note, avant le repas, ce soir, Evangeline nous a concocté un pique-nique en plein air avec un de ses cousins, un saxophoniste... Et je vous parlerai du pourquoi de ma nouvelle tenue aussi... Suspense...


Encore une belle soirée qui restera gravée en moi comme cette journée !


... la suite sur ma prochaine note !


Signature de Lyra

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