Note #29 ter - Entre le fer forgé et le verre solaire
- Lyra Embercroft

- il y a 2 jours
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 15 heures

📍 Nouvelle-Orléans - Le soir du second jour...
Bon un peu de répit, oui il n'y a que le soir sur mon lit que j'ai le temps vraiment de me poser pour écrire quelques mots... Il faut que je vous raconte mon après-midi shopping.
Zara, au petit déjeuner, avait décrété que je ne pouvais pas prétendre connaître la Nouvelle-Orléans après un dîner de famille et un whisky servi par un vampire.
D'après elle, il me manquait encore à peu près tout.
Donc un peu avant midi, elle m'attendait près de la porte, lunettes teintées sur le nez et Nyx sur l'épaule.
J'avais dormi trop peu. La faute à la chaleur, à la maison qui craquait comme si elle rêvait, et certainement pas à un saxophoniste aux yeux rouges. Je ne suis là que depuis deux jours et c'est déjà intensif.
Donc revenons à mon Very Bad Shop, visite du centre ancien. Il avait gardé ses façades patinées, ses balcons de fer forgé et ses enseignes peintes comme dans mon souvenir de ma première fois à la Nouvelle-Orléans.
La technologie se cachait dans les détails : un tramway silencieux sous une carrosserie d'un autre siècle, des vitrines changeant de teinte sans perdre leurs lettres dorées, des capteurs dissimulés dans les descentes de cuivre.
Dans une friperie, Zara m'a fait essayer une veste légère couleur nuit. Elle estimait que mon manteau normand finirait par me tuer sous cette chaleur.
J'ai acheté la veste avec une pensée pour Tex, qui aurait adoré cette friperie, il faudra que je pense à acheter des petits souvenirs avant mon retour à Havenport.
Dans une petite boutique, j'ai trouvé un carnet de cuir fermé par une pièce de cuivre gravée d'un croissant irrégulier.
La vendeuse m'a expliqué que le métal changeait de couleur lorsque l'air devenait trop chargé. J'ai d'abord cru qu'elle parlait de l'orage. Zara a caché son amusement avec beaucoup trop peu de conviction. Mais je pense revenir pour en prendre un pour mon père, plus masculin.
Nous sommes passées par Nyx & Ink avant midi. Des encres dormaient sous des cloches de verre. Certaines avaient des reflets métalliques. D'autres bougeaient lentement, comme si elles respiraient.
Zara m'a montré les encres de protection et celles qu'elle refusait d'utiliser parce qu'elles pouvaient contraindre quelqu'un. Pour elle, une protection aide une personne à rester elle-même. Dès qu'elle décide à sa place, elle devient autre chose. Elle a rangé la fiole sans me regarder. J'ai pensé à Basira. Je n'ai rien demandé.
Nous avons pris un repas cajun au bistrot du coin, le Petit French, j'aime beaucoup le nom de ce restaurant. Pas trop grand, avec une décoration rustique entre récupération du Bayou et brocante française. Je parlerai plus tard de ce repas gustativement exceptionnel.
L'après-midi, la ville a changé de hauteur.
Une navette silencieuse nous a conduites jusqu'aux Terrasses du Delta.
Le verre solaire, le métal clair et les jardins filtrants formaient une seconde ligne d'horizon au-dessus des zones humides.
Des passerelles reliaient les plateformes. En dessous, l'eau noire continuait de respirer entre les cyprès.
Une passerelle s'est arrêtée avant une zone pourtant vide sur les cartes. Les panneaux ont proposé un détour sans fournir d'explication.
Zara m'a fait comprendre que la ville pouvait construire au-dessus, contourner et parfois négocier, mais qu'elle ne pourrait jamais posséder le bayou.
Nous avons pris le détour. La ville montait vers le ciel sans jamais poser le pied là où le bayou refusait de la recevoir. Je vous raconterai la suite dans une prochaine note, car là, la fatigue commence à me gagner et "Morphéus" vient taper à la porte de mes paupières...
Neva, Frost et Pixel me manquent, je serre fort contre moi la peluche en forme de Crocodile... Cela me fait sourire, mes cousins ont bien fait de me la mettre sur mon lit.
Et puis cette maison fait des bruits bizarres, j'ai cru comprendre qu'elle vit, alors je pense que c'est plutôt hanté... Mais bon là je suis trop HS pour faire ma "GhostBuster"...
...Baîllement... Bonne nuit à vous...
... la suite sur ma prochaine note !




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