top of page

Le Carnet des Jardins de Kaia - Semis de Printemps

"Kaia rempote des tomates dans la serre de la Marina Verte tandis que Jin le renard des sables bondit sur la table de rempotage, entre poivrons, aubergines et courges — Le Carnet Orange de Mars, Solarpunk Vintage 2048"
"Kaia rempote des tomates dans la serre de la Marina Verte tandis que Jin le renard des sables bondit sur la table de rempotage, entre poivrons, aubergines et courges - Le Carnet Orange de Mars, Solarpunk Vintage 2048"

🌱Les semis de printemps... - CARNET ORANGE DE MARS

📍 Havenport-sur-Mer, La Marina Verte — Le futur écolo - 07 Mars 2048


Mars.

Il est arrivé sans prévenir, comme toujours.

Pas de porte qui s'ouvre doucement. Une bourrasque. Un changement de lumière. Et soudain, la terre qui respire autrement.


Le jardin japonais n'est plus le même qu'hier. Je ne saurais pas expliquer pourquoi. C'est une sensation. Une promesse dans l'air.

Jin l'a senti avant moi - évidemment.


Il a fait trois tours du jardin en moins de cinq minutes, les oreilles dressées, la queue en point d'exclamation, avant de venir se planter devant mes pieds.


🦊 Ça commence. Je te dis que ça commence.

— Oui. Ça commence.


Il a bondi sur la table de rempotage, renversé un godet vide au passage, et s'est installé là comme si c'était son bureau.

Je n'ai pas protesté.

Mars mérite mieux que de protester.



🌱 Ce que la terre accepte enfin..


Sous abri ou en serre, j'avance depuis quelques semaines déjà.

Mais mars, c'est le mois où l'on peut commencer à parler à la terre en plein air.

Doucement. Avec précaution. Parce que mars adore les fausses promesses.


En pleine terre - selon la météo, et avec un œil sur le ciel :

  • Petits pois - les premiers téméraires
  • Fèves - elles n'ont pas peur du froid
  • Épinards - discrets, efficaces
  • Radis - les impatients du potager, prêts en trois semaines
  • Carottes précoces - les variétés courtes, pour ne pas tenter le destin

Jin "aide" en creusant à côté des rangs tracés.

Avec conviction. Toujours au mauvais endroit.

🦊 Je prépare le terrain. C'est du travail ça.

— C'est du sabotage, oui.


Sous abri, on continue :

  • Tomates - si ce n'est pas encore fait, il est encore temps
  • Poivrons - lents, mais fidèles
  • Aubergines - elles demandent de la chaleur, de la patience, et de ne pas les regarder de travers
  • Premières courges - si la chaleur est stable


🌧️ Les giboulées : l'ennemi préféré de mars


Papa Silas me l'a rappelé ce matin, en passant devant la serre :


📜 "Mars donne, mars reprend. C'est son caractère.
Ne lui en veux pas — protège-toi juste."

Il parlait du jardin.

Mais comme toujours avec lui, ça s'applique à bien d'autres choses.

Alors je prépare les cloches, le voile de forçage, les petits tunnels improvisés avec ce qu'on a.

Parce qu'au jardin comme au taï chi, il y a un moment où l'on avance - et un moment où l'on garde l'équilibre.

Jin surveille le ciel avec le sérieux d'un météorologue.


🦊 Ça va tomber. Je le sens dans mes pattes.

— Et tu feras quoi ?


🦊 Je rentrerai très vite. Et toi ?

— Moi aussi.


"Kaia plante fèves, épinards et carottes dans le potager du jardin japonais de la Marina Verte, Jin creusant à côté au mauvais endroit, cerisiers en fleurs et bassin à koï en arrière-plan — Le Carnet Orange de Mars"
"Kaia plante fèves, épinards et carottes dans le potager du jardin japonais de la Marina Verte, Jin creusant à côté au mauvais endroit, cerisiers en fleurs et bassin à koï en arrière-plan - Le Carnet Orange de Mars"

🍵 La parenthèse zen (et la soupe de Kaia)


Avant de sortir dans le vent, j'ai fait une chose que papa Silas m'a apprise quand j'étais petite : rester immobile.


Cinq minutes.

Debout dans la serre, pieds nus sur les dalles froides, les yeux fermés.

Pas du yoga. Pas du taï chi. Juste… être là.


Sentir l'air humide sur ma peau.

Écouter la pluie tambouriner sur le toit de verre.

Laisser le bruit du monde dehors rester dehors.


Jin m'a regardée faire depuis le rebord de la fenêtre, la tête penchée, comme s'il assistait à un rituel incompréhensible.

🦊 Tu fais quoi là ? Tu dors debout ?

— Je médite.

🦊 C'est quoi la différence ?

— La différence, c'est que je suis consciente de toi en train de me juger.


Il a bâillé. Longuement. Puis s'est roulé en boule.

Je crois qu'il a médité aussi, à sa manière.


Après ça, j'ai eu envie de quelque chose de chaud.

Pas un thé - quelque chose de plus ancré.

Quelque chose qui réchauffe de l'intérieur, comme la terre réchauffe les graines.

Alors j'ai fait ma soupe de mars.


🍜 La soupe miso du jardinier - version Kaia


  • 1 litre de bouillon dashi (ou bouillon de légumes maison)

  • 3 cuillères à soupe de pâte miso blanc

  • 1 bloc de tofu soyeux, coupé en petits cubes

  • 2 oignons verts du jardin, émincés finement

  • 1 poignée de wakamé séché (réhydraté 5 minutes)

  • 1 cuillère à café de gingembre frais râpé

  • Quelques feuilles de shiso ou de coriandre fraîche

  • 1 filet d'huile de sésame


Faire chauffer le bouillon sans le faire bouillir.

Ajouter le wakamé réhydraté et le tofu.

Diluer le miso dans un peu de bouillon tiède avant de l'incorporer - ne jamais faire bouillir le miso, il perd son âme.


Ajouter le gingembre, les oignons verts, les herbes fraîches.

Un filet d'huile de sésame au moment de servir.

Boire lentement. Respirer entre les gorgées.

🦊 Ça sent bon. C'est pour moi ?

— C'est pour nous.

🦊 Avec des oranges en dessert ?

— Avec des oranges en dessert.


"Kaia prépare sa soupe miso du jardinier dans la cuisine de la maison du Jardin des Lunes, tofu et baguettes en main, Jin se léchant les babines sur le plan de travail en bois - La parenthèse zen, Le Carnet Orange de Mars"
"Kaia prépare sa soupe miso du jardinier dans la cuisine de la maison du Jardin des Lunes, tofu et baguettes en main, Jin se léchant les babines sur le plan de travail en bois - La parenthèse zen, Le Carnet Orange de Mars"

🧘 La parenthèse du corps (ou quand Kaia bouge entre les rangs)


Il y a un truc que je fais au jardin et que je n'ai jamais écrit nulle part.


Entre deux rangs de semis, quand mes genoux craquent et que mon dos proteste, je m'arrête.

Et je fais trois mouvements. Toujours les mêmes.


Le premier : les bras qui montent lentement, comme si je portais le ciel.

Inspiration profonde.

Un mouvement de qi gong que un moine bouddhiste m'avait montré quand j'avais dix ans, dans le jardin de la maison de Kyoto quand Silas s'était rendu pour un séjour de travail.


Le deuxième : la rotation du tronc, douce, les pieds ancrés dans la terre.

Comme un arbre qui suit le vent sans casser. Comme mars.


Le troisième : les mains qui descendent vers le sol, paumes ouvertes, comme pour rendre à la terre ce qu'elle m'a donné.


Trois mouvements. Trente secondes.

Et le dos va mieux, la tête se vide, et je suis de nouveau prête.


Jin, lui, fait ses propres étirements.

Qui ressemblent surtout à se rouler dans l'herbe humide.

🦊 C'est du yoga félin. Très avancé. Tu ne comprendrais pas.

— Clairement, zouzou. Clairement.


La vérité, c'est que mars demande du mouvement.

Pas de la performance - du mouvement.

Celui qui déloge l'hiver coincé dans les articulations.

Celui qui rappelle au corps qu'il sait faire pousser des choses, lui aussi.


🌬️ Le dicton de mars


"Mars venteux, verger pommeux."

Le vent passe entre les branches nues comme une main qui secoue les choses endormies.

Je l'entends siffler entre les lattes de la clôture en bambou.

Je respire. Je sème. Je laisse le chaos faire son travail.


Parce que le chaos de mars n'est pas l'ennemi - c'est le moteur.

Ça bouscule, ça retourne, ça surprend.

Et après ? La terre est prête.

🦊 Mars, c'est mon mois préféré. Tout le monde court dans tous les sens. C'est comme moi en permanence.

— C'est exactement ça, zouzou.



💚 Ce que mars m'apprend


Ce mois-ci, je fais une chose simple : je m'adapte.

Pas de grand plan rigide. Pas de calendrier gravé dans le marbre.


Juste mes yeux sur les pousses, mes mains dans la terre quand le ciel le permet, et Jin qui court devant comme s'il savait où on va.


Peut-être qu'il sait, en fait.

Les renards des sables ont un instinct pour le printemps.

🦊 D'accord, d'accord. On avance. Mais on avance en mangeant des oranges, hein.

— Évidemment.


Mars : le chaos organisé. Le vent qui réveille. La terre qui dit enfin oui.

Et les semis qui, si tout va bien, deviendront quelque chose.



📋 Le mémo de Kaia

🌱 Semis pleine terre

Petits pois, fèves, épinards, radis, carottes précoces

🏡 Sous abri

Tomates, poivrons, aubergines, courges (si chaleur stable)

🌧️ Vigilance

Giboulées — cloches, voiles, tunnels prêts

🌬️ Dicton

"Mars venteux, verger pommeux"

🦊 Conseil de Jin

"On avance. Mais on avance en mangeant des oranges."

Kaia et Jin en pleine préparation de crêpes pour Papa Silas
"Kaia en tenue de puéricultrice range son carnet orange dans le tiroir du salon japonais du Dojo, Jin lové sur son coussin avec une orange entre les pattes, bonsaïs et lanternes en arrière-plan - Le Carnet Orange de Mars 2048"

Allez, je range le carnet orange.

Je le passerai à Lyra quand elle viendra - elle sait quoi en faire.

🦊 Et on fait quoi ce soir ? Il reste des oranges ?

— Il reste des oranges.


Mais en attendant, je file à la Nurserie, un message qui vient d'arriver, un petit bout vient d'arriver et sa maman est un peu perdue. Jin, mon zouzou, ne fait pas cette tête, tu sais que je suis puéricultrice, c'est mon métier... Herboriste est juste ma passion...


Allez en attendant, tu rentres au chaud à la maison et tu m'attends, je reviens vite pour manger des oranges avec toi...et je passerai par LionStreet au retour, te prendre un petit repas à emporter chez Joanne du Cherry Blossom Treats.

🦊 Oh oui, avec une sauce à l'orange ?

— Toi et tes oranges, pas de soucis mon zouzou !


À bientôt, Avril. Mais d'abord : Mars.

Signature de Kaia

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page